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Réemploi des emballages en France : quels objectifs ?

objectifs du réemploi

Depuis le 1er janvier 2025, la réglementation concernant l’utilisation de contenants en plastique jetables s’est considérablement durcie, avec un objectif clair : mettre en œuvre la stratégie 3R de réduction, réemploi et recyclage des emballages en plastique à usage unique. Avec près de 2,75 milliards d’emballages réemployés mis sur le marché en 2024, tous secteurs confondus, le réemploi s’impose ainsi comme un changement de société majeur. Cette transition vers le réemploi est aussi un défi, puisqu’elle met à l’épreuve la capacité d’innovation de l’industrie.

 

Réemployer pour moins jeter, une obligation réglementaire !

Les emballages à usage unique représentent plus de 33% des déchets plastiques dans le monde et sont la principale source de pollution plastique. Mais il existe pourtant un geste efficace pour réduire cette pollution : réutiliser les emballages au lieu de les jeter.

Ces dernières années, la législation française a ainsi fortement évolué dans le but de bannir les plastiques à usage unique, notamment en restauration collective, rapide et à emporter.

Les principales mesures contraignantes déjà adoptées en France et les échéances clés sont répertoriées dans le tableau ci-dessous :

 

Échéance clé Mesure principale Loi associée
1er janvier 2022 Portage de repas à domicile :

Interdiction des gobelets, assiettes, couverts et récipients jetables pour les services avec plus de 4 livraisons par semaine.

Loi AGEC (art. 77)
1er janvier 2023 Restauration collective :

(si plus de 20 convives simultanément)

Interdiction de la vaisselle jetable pour les repas consommés sur place.

Loi AGEC (art. 77) 
15 mars 2024 Mise en place de la filière REP (Responsabilité Élargie du Producteur) pour les emballages de la restauration hors foyer, obligeant les fournisseurs à financer la fin de vie de ces contenants (éco-contribution). Loi AGEC (décret 7 mars 2023)
1er janvier 2025 Restauration collective scolaire, universitaire et en crèche :

Interdiction d’utiliser des contenants en plastique pour la cuisson, le réchauffage et le service.

(Communes de < 2000 habitants : l’entrée en vigueur est repoussée au 1er janvier 2028

Loi EGALIM (art. 28) 

et Loi AGEC (art. 77) 

1er janvier 2025 Vente à emporter en restauration collective :

Obligation d’utiliser un contenant réutilisable (ou fait de matière recyclable) au lieu de tout emballage jetable.

Loi Climat et Résilience (art. 24) 
Horizon 2030 Tous les emballages mis sur le marché européen devront être recyclables (au minimum Grade C) ou entrer dans des circuits de réemploi, avec des obligations chiffrées pour certains secteurs (ex.  boissons : 40 % des emballages de boissons non alcoolisées devront être réutilisables d’ici 2030). Règlement européen (UE) 2025/40 (PPWR)

 

Quels objectifs en matière de réemploi ?

La France vise une réduction progressive des emballages plastiques à usage unique et mise en grande partie sur le réemploi dans sa trajectoire menant à la fin des emballages plastiques à usage unique d’ici 2040.

S’appuyant sur le rapport annuel de l’ADEME 2023, un rapport du Sénat pointe néanmoins « les retards pris dans la sortie du plastique à usage unique mettent en échec certains objectifs de la loi AGEC. »

En effet, d’après l’Observatoire national du réemploi mis en place par l’ADEME, seulement 2,75 milliards d’emballages réemployés ont été mis sur le marché en 2024, tous types confondus (ménagers, industriels, restauration).

Le chiffre peut sembler élevé, mais, en réalité, cela ne représente que 1,82 % du total des emballages mis en circulation cette année-là !

Il faudra donc beaucoup d’efforts pour atteindre le chiffre fixé par la loi AGEC : 10% d’emballages réemployés d’ici à 2027.

 

Le réemploi, une tendance émergente

Bien que la situation semble avancer trop lentement par rapport aux objectifs fixés, de nombreux signaux positifs indiquent qu’une dynamique de réemploi est déjà enclenchée. En effet, au-delà des mesures réglementaires citées plus haut, on observe le développement de projets pilotes dans plusieurs régions.

 

Le réemploi des bouteilles et bocaux en verre : démarche ReUse de CITEO

Après deux ans de travaux et de réflexion, CITEO a créé ReUse, un modèle destiné à « faire émerger un dispositif de réemploi national et mutualisé pour les emballages alimentaires en grandes surfaces. »

Le dispositif est testé depuis le 12 juin 2025, dans 4 régions françaises du Nord-Ouest et fédère une cinquantaine de marques, metteurs sur le marché et distributeurs.

En Bretagne, Normandie, Pays de la Loire et Hauts-de-France, plus de 250 magasins proposent ainsi les emballages en verre standard réemployables et open source de la gamme R-Cœur, créée par CITEO.

L’objectif, à terme, est de réussir à mutualiser un immense parc de 30 millions d’emballages d’ici fin 2026, avant un déploiement national en 2027.

 

Des contenants en plastique consignés : Carrefour et Coopérative U

En 2024, Carrefour et Coopérative U ont commencé à expérimenter un dispositif de consigne concernant un contenant réutilisable en plastique destiné aux produits frais. Le dispositif fait partie du projet Horizon Europe appelé « Rapportez-moi pour réemploi». Il contient déjà une vingtaine de références, il est soutenu par le consortium européen R3PACK, la Commission européenne et CITEO, et concerne 15 familles de produits.

réemploi

 

Bacs inox en restauration scolaire : l’exemple de la cuisine centrale de Toulouse

Depuis la rentrée 2025, la cuisine centrale de Toulouse, qui livre 35 000 repas par jour, a remplacé tous ses plats jetables par de l’inox, ce qui évite 100 tonnes de déchets plastiques par an.

Les repas sont livrés dans chaque école, en tout inox : bacs coniques et couvercles emboîtables (Rieber). Le site est équipé de 2 tunnels de lavage, l’un dédié aux couvercles et caisses de livraison, l’autre aux bacs gastronormes.

 

Le Réemploi : mutations et défis pour l’industrie

Le passage de contenants jetables à des contenants réutilisables est un défi pour toute la chaîne de production et de distribution, aussi bien pour les enseignes, que pour l’industrie agroalimentaire, les fabricants d’emballages et même les fabricants d’étiquettes.

 

Standardisation

Premier défi : la standardisation et la mutualisation des emballages sont l’une des clés du réemploi à grande échelle. Cette étape suppose une collaboration étroite entre enseignes et marques et transforme le métier des fabricants, qui passent de vendeurs d’emballages à fournisseurs d’un service de conditionnement réutilisable.

Cela suppose aussi de mettre en place un processus permettant la collecte des contenants vides, leur tri et aussi leur lavage, ce qui nécessite des infrastructures dédiées et donc des investissements !

 

Lavage

L’utilisation d’emballages réutilisables, peu importe leur nature, implique une étape de lavage des contenants. Outre les questions logistiques, la mise en place d’infrastructures dédiées au lavage est donc capitale. 

Exemple : en région parisienne, l’usine mutualisée Semelog ouvrira ses portes en 2026 et pourra laver 130 000 contenants par jour, soit l’équivalent de 160 000 repas quotidiens.

 

Traçabilité des contenants

Le succès du réemploi à grande échelle repose aussi sur la capacité à tracer chaque emballage.

Exemple : au sein de la cuisine centrale de Toulouse, la traçabilité des bacs gastro en inox est assurée par un système de QR code et capteurs.

 

Etiquetage et réemploi

La standardisation des emballages rend encore plus pertinente l’utilisation d’étiquettes. Les emballages du dispositif d’expérimentation de la consigne, récemment déployé dans le Nord-Ouest par CITEO, disposent ainsi d’une étiquette violette « Rapportez-moi pour réemploi». Chaque emballage porte aussi un code-barres spécifique à scanner en caisse pour la consigne et certains emballages spécifiques ont un bandeau « Récupérer le montant de votre consigne en rapportant cet emballage ».

En outre, cela suppose de développer des étiquettes qui soient facilement retirables lors du lavage et qui ne perturbent pas les process de réutilisation de l’eau : encres non toxiques, colles et étiquettes hydrosolubles.

Exemple : Les films hydrosolubles de CareTips® sont biodégradables dans l’eau, ne laissent pas de microplastiques, et sont imprimables.

 

Durabilité des matériaux

Enfin, la réutilisation des contenants implique une certaine solidité et une excellente résistance au lavage industriel, c’est-à-dire à la chaleur et aux détergents. Le choix des matériaux constituant les emballages est donc crucial et donne un avantage aux solutions comme le verre, le PP, le PEHD, l’inox, ou à d’autres matériaux en cours de développement.

 

Ne prenez pas de retard : choisissez l’innovation !

Selon une étude Xerfi, réalisée auprès des fabricants d’emballages plastiques ménagers et professionnels :

  • 1 fabricant d’emballages sur 2 produit déjà des emballages réemployables ;
  • La part des investissements en R&D a augmenté de 8% en 2023, par rapport à 2022 ;
  • Celle des investissements dans l’économie circulaire a progressé de 3%.

Ces chiffres et les exemples cités dans cet article montrent clairement qu’il est temps, pour l’industrie, de s’intéresser de près à la réutilisation des emballages.

Alors, ne prenez pas de retard, misez sur l’innovation pour adapter vos procédés, produits et services et préparer cette révolution à venir !