Loi AGEC, décret 3R, PPWR, REACH : les évolutions réglementaires poussent le secteur de l’emballage à s’orienter vers le réemploi, à supprimer les plastiques à usage unique et à faire la chasse aux émissions de microplastiques. Mais au-delà de la mise en conformité réglementaire, les industriels, y compris les imprimeurs, ont tout intérêt à saisir rapidement les nouvelles opportunités commerciales autour des emballages durables.
Un marché soutenu par la réglementation
La PPWR
Le nouveau règlement européen (UE) 2025/40, connu sous le nom de PPWR, a été adopté le 19 décembre 2024. Cette refonte majeure de la législation emballages s’appliquera directement et uniformément dans tous les États membres, sans transposition nationale.
Ce texte, qui s’appuie sur le triptyque 3R « réduction, réemploi, recyclage », promet des changements majeurs, notamment pour le monde de l’emballage. Voici les principaux objectifs et les échéances associées :
| Réduction des déchets |
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| Réemploi et Réutilisation |
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| Recyclabilité et recyclage |
Remarque : dès 2032, ces objectifs pourront aussi être appliqués au verre et à l’aluminium. |
| Substances et pollution |
Remarque : pas encore d’objectif spécifique microplastique pour les emballages, mais le PPWR vise une |
Les principales échéances de la PPWR
La réglementation pousse donc les industriels à mettre en œuvre le réemploi des emballages le plus rapidement possible. En France, en collaboration avec CITEO (et CITEO Pro), des metteurs sur le marché, grandes enseignes et collectivités ont déjà mis en place des initiatives afin de structurer cette réutilisation :
- Démarche ReUse/R-Cœur : sur le réemploi des bouteilles et bocaux en verre
- Dispositif « Rapportez-moi pour réemploi » : pour les contenants en plastique consignés
- Go! Réemploi : collecte, tri, lavage et redistribution des contenants consignés dans les quatre régions pilotes
- « Encore plus de réemploi 2025 » : pour aider les collectivités à financer les solutions de réutilisation (lavage, logistique, etc.)
- Partenariat avec GS1 France : sur la mise en place de standards ouverts et la traçabilité des emballages réemployables
La nouvelle réglementation sur les microplastiques
En France, l’article 82 de la loi AGEC a ouvert la voie vers une prise en compte du problème des particules microplastiques, en interdisant « toute mise sur le marché de produit contenant des microplastiques ajoutés intentionnellement à ≥0,01% en masse.».
Bien que les emballages ne soient pas directement concernés par cette mesure, la tendance globale est à la « chasse » aux particules microplastiques, peu importe leur origine. En outre, la réglementation européenne évolue aussi dans ce sens, le Règlement (UE) 2023/2055 imposant lui aussi des restrictions sur l’utilisation des microplastiques dans divers produits.
Comment lutter contre les microplastiques ?
Les emballages et étiquettes contenant du plastique émettent des particules microplastiques en se dégradant, que ce soit sous l’action des UV, de l’abrasion, de la chaleur, etc.
Lorsqu’ils deviennent trop petits pour être filtrés, ces fragments échappent à tout contrôle et finissent alors par polluer les sols, les océans, les nappes phréatiques et peuvent être ingérés par la faune (humains compris !).
Si l’utilisation de contenants réutilisables évite une grande partie de cette pollution liée aux emballages jetables, une problématique demeure : celle de la traçabilité et de l’étiquetage. En effet, pour être compatible avec la réutilisation, une étiquette doit :
- Pouvoir être décollée facilement sans laisser de résidus ;
- Ne pas émettre de substances polluantes ou toxiques lors du process de séparation avec le contenant ;
- Assurer un marquage temporaire, mais suffisamment résistant ;
Étiquettes et films hydrosolubles biodégradables
Les étiquettes et films plastiques génèrent des déchets non recyclables qui peuvent seulement être revalorisés de manière énergétique.
Utiliser des étiquettes adhésives capables de se dissoudre dans l’eau est ainsi un moyen efficace de résoudre ce problème. Comme l’étiquette se dissout entièrement (substrat + adhésif) lors du passage au lave-vaisselle industriel, cela permet de réduire le taux de rebut et représente un gain de temps considérable en restauration collective ou en agroalimentaire.
Néanmoins, le caractère hydrosoluble d’une étiquette ou d’un film n’est pas forcément synonyme de biodégradabilité. En effet, un matériau peut être hydrosoluble (par exemple du PVA – alcool polyvinylique) sans pour autant se biodégrader dans un environnement naturel ; il pourra alors être source de microplastiques.
Les imprimeurs ont donc tout intérêt à choisir des films hydrosolubles réellement biodégradables pour leurs étiquettes, aussi bien pour des raisons RSE, que réglementaires.
| Aucune interdiction pour les polymères naturels et biodégradables comme CareTips !
CareTips est un polymère naturel au sens de la législation REACH. Il n’est donc pas considéré comme plastique au sens de la législation et ne rentre pas dans le champ d’interdiction du règlement 2023-2055. |
Colles et encres écoconçues
On peut aussi utiliser des colles hydrosolubles, biodégradables et qui ne contiennent aucune substance toxique et ne libèrent pas de microplastiques. Des colles biosourcées à base d’amidon (dextrine) ou de caséine (protéine de lait) sont d’ailleurs utilisées depuis longtemps pour l’étiquetage des bouteilles en verre consignées.
Par ailleurs, les imprimeurs ont déjà adopté les encres à base d’huiles végétales, en grande partie biodégradables, et certains expérimentent également des encres compostables labellisées « OK Compost ». Certaines avancées ont d’ailleurs dépassé le stade du laboratoire, ouvrant la voie à un étiquetage plus éco-conçu !
